Sounds of ancestors

Au loin, quand il ne se voit point de demeure où se poser, la caravane continue sans cesse son chemin. Elle ne s’arrêtera enfin qu’au détour d’étranges contrées inconnues où s’endort le bruit des dernières brises des champs et du souffle feint des étoiles.

Vas lentement ! Le temps de rêver est bien court. Disent les voyageurs. Ce temps indéfinissable lors que l’on dépoussière une carte enfouie, effacée de toute route et de trace.

Tout s’arrête lentement. On se laisse emporter par un rêve déraisonnable sans connaître le bout du chemin. Sous les ponts de Paris ou sur celui de Brooklyn, assis aux jardins de Chiraz ou de Jaipur, contemplant les fjords du nord ou les déserts du sud, les récits s’enchainent et les notes s’envolent.

C’est à ce rêve déraisonnable que nous invite l’album d’Anousha Nazeri. Ce rêve déraisonnable qui nous arrache au temps et nous amène vers un non-lieu où le parfum des orangers de perse se mêlent aux champs de lavande de Provence, balayés par le vent. Dans ce lieu d’abandon, sa voix de femme libre s’enflamme, s’insurge et s’émeut de mots que seules savent atteindre les illusions sans fin du désert et les tourmentes du nid d’un rien.

Nouvel AlbumSOUNDS OF ANCESTORS